17/12/2012

Comme au Far-West



Les Etats-Unis d'Amérique ont vécu une journée horrible vendredi avec une tuerie de plus. Adam Lanza, 20 ans s'est introduit dans une garderie d'enfants à Newtown, dans le Connecticut, pour abattre 26 personnes avant de se donner la mort.
      Encore une fusillade de plus aux Etats-Unis. La septième (d'envergure) de l'année 2012. Depuis celle de Columbine (Colorado) en avril 1999, on a la très choquante impression que des déséquilibrés rivalisent d'ingéniosité et de cruauté pour effacer les tablettes assassines d'un carnage précédent.
      
        On aura donc pas fini d'épiloguer sur la tuerie d'Aurora en juillet dernier dans un cinéma du Colorado, qu'un jeune homme de 20 ans s'est introduit dans un kindergarten pour ouvrir le feu. Il avait tué sa mère avant de commettre une boucherie sur des enfants de moins de 10 ans principalement. L'acte est tellement crapuleux que les mots manquent pour le qualifier. Et, pour la circonstance, c'est le président Obama himself, ému aux larmes qui a demandé  que les drapeaux soient mis en berne sur toute l'étendue du territoire.

     Le mal reste profond tout de même aux Etats-Unis. En question la facilité déconcertante avec laquelle les américains se procurent des armes à feu. Deux statistiques sur les armes aux Etats-unis toutes aussi terrifiantes qu'édifiantes: 283 millions d'armes à feu en 2004 soit 97 armes pour 100 personnes - 1,6 million de pistolets, 1,6 millions de fusils, 750.000 fusils de chasse et 530.000 revolvers en 2008 selon le Bureau fédéral de l'alcool du tabac et des armes à feu (ATF) (1). Une "coutume" légalisée et légitimée par le Deuxième amendement de la Constitution américaine qui stipule clairement que The right of the people to keep and bear arms shall not be infringed...(2) Qui connait, un tant soit peu l'histoire de la législation américaine saura que tout bon dirigeant étasunien n'aura pas le courage politique de s'attaquer à cette disposition . A cela s'ajoute la difficulté que pose la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes qui ne veut entendre parler ni de réduction, encore moins de la suppression dudit amendement. Cette organisation est tellement redoutée que le débat sur les armes a miraculeusement été passé sous silence par Barack Obama et Mitt Romney dans leurs campagnes lors des présidentielles de 2012.
    
      Dans ce contexte, le passage des armes automatiques aux armes semi automatiques en 1994 est jusqu'ici la seule victoire que la législation étasunienne ait obtenue. Les Etats-Unis dépensent des milliards de dollar à se préserver de menaces terroristes extérieures alors que le danger interne est tout aussi prégnant. Barack Obama, qui fait preuve de tout sauf de courage politique sur la question des armes, a toutefois les coudées franches pour peser de tout son poids puisque toutes les calculs et appréhensions liés a sa réélection sont maintenant levés.
     En attendant, et c'est le paradoxe comme après chaque massacre, les citoyens de la nation la plus puissante au monde se ruent vers les armuriers...pour se protéger.
                                                 


                                                                                                                    Usmaan Joop


(1)http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20100629.OBS6351/les-armes-a-feu-aux-etats-unis-en-quelques-chiffres.html

(2)  le droit des individus à garder et détenir des armes ne doit pas être bafoué.
images de google
   

08/12/2012

Ferme la Ousmane

     Aduna daal mo gudd tank(décidément la vie nous réserve bien des surprises). Il y'a à peine 10 mois (février 2012) que le tout puissant ministre de l'intérieur de l'époque, Me Ousmane Ngom s'opposait catégoriquement à toute manifestation par respect pour l'ordre public selon lui. Des refus d'autorisations qui avaient radicalisé l'opposition et la société civile dans un contexte pré-électoral explosif et avaient débouché sur des affrontements mortels dont on se serait passé volontiers.
     Passé dans la nouvelle opposition depuis ce fameux 26 mars 2012, le même homme a fait un pied de nez à tous les citoyens sénégalais hier (jeudi 6 décembre 2012). Me Ngom a, en effet, poussé le cynisme ou l'hypocrisie jusqu'à enfiler sa toge d'avocat pour donner une leçon sur les libertés civiques et nous parler "d'illégalité". Non, non messieurs, dames vous ne rêvez pas, c'est bien Me Ngom qui nous parle d'illégalité. Volontairement amnésique de son chapelet interminable d'actes illégaux et anticonstitutionnels sous son magistère*, l'avocat nous démontre une chose par ses apparitions médiatiques répétées: que les audits déclenchés par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) font peur.
     Le comité directeur du Parti Démocratique Sénégalais ne semble pas non moins inspiré en laissant passer cette erreur de communication à la limite de la faute politique (tout le monde au PDS aurait pu parler de légalité aux sénégalais sauf Me Ngom). L'annonce de la fameuse opération Gokhi* fait apparemment perdre la lucidité la plus élémentaire aux caciques de l'ancien régime... En attendant sa mise en oeuvre.

                                                                                         Usmaan Joop

* Voir à ce sujet l'article de Ibou Touré sur Setal.net Pourquoi Ousmane Ngom est mal placé pour  parler d'illégalité ?  du jeudi 6 décembre 2012- 10:23 

* Gokhi: Mot wolof qui signifie littéralement régurgiter, rendre de qu'on avait ingéré.

07/12/2012

Réciprocité

    Le Sénégal a décidé d'appliquer la réciprocité en matière d'attribution de visa. L'effectivité de cette mesure est prévue pour juillet 2013. un acte souverain que vient de poser le gouvernement pour répondre à une doléance longtemps émise par nos concitoyens. Les ambassades -occidentales surtout -avec leurs pratiques abusives (files d'attentes, refus injustifié du visa) ont frustré beaucoup de sénégalais et leur ont fait passer l'envie d'entreprendre des démarches dans ce sens. " L'humiliation " du professeur Omar Sankharé, agrégé en grammaire française s'il vous plait, en juillet 2012, par la représentation consulaire...française est une pilule qui a toujours du mal à passer. 
    Cette mesure plus symbolique que politique ne devrait toutefois rien changer à la situation puisque on parle de réciprocité de visa et pas de réciprocité des conditions d'obtention du visa.


Usmaan JOOP

La bataille des dépitées

LA BATAILLE DES DÉPITÉES
  C'est quoi un député ? Un représentant du peuple qui siège à l'Assemblée Nationale. Pardi. La réponse coule de source non, c'est tellement évident.
  La fonction est si immense que l'on a décidé de faire précéder de la mention Honorable député(e) le nom de l'impétrant.Guère de doute possible, la députation est une charge vraiment imposante.
  Seulement le spectacle offert par les deux députées de Touba, Amy Cheikh Yaba Diop et Sokhna Mame Khary M'backé (tiens, des dames en plus) n'a rien d'honorable. Samedi, dans la ville sainte, nos deux élues ont quitté le terrain d'affrontement des idées pour régler leurs différends à bras raccourcis devant un parterre de personnalités politique et religieuse. Une bagarre d'autant plus sordide qu'elle a eu lieu en marge d'une cérémonie à la mémoire de Serigne Saliou M'backé connu pour son aversion de la chose politique.
  Cette affaire, pour avilissante qu'elle soit a le mérite d'éclairer les citoyens sénégalais sur deux choses : d'abord que les députés sont toujours cette bande invétérée de béni oui-oui assoiffés de prébendes, condescendants envers les citoyens qu'ils sont pourtant censés  représenter. Mais ça on le savait peut-être déjà. L'autre chose, plus grave encore, et moins évidente, puisque c'est un phénomène en cours est l'introduction de la violence (physique et verbale) comme substitut aux débats.Une violence qui est en train de s'inviter pernicieusement au banquet de la république, avec pour cause principale les carences intellectuelles et/ou académiques de nos augustes représentants.
   Il faudrait rappeler à la majorité de L'Alliance pour la république (APR) que, avant de perdre son arrogance, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a été perdu par son arrogance. Notre noble Assemblée souffre à tort ou à raison, d'un discrédit criard aux yeux de l'opinion nationale et la querelle de nos distinguées dames ne fait que renforcer les sénégalais dans leurs convictions qu'avec les politiciens c'est bonnet blanc, blanc bonnet.
                                                                                                         Usmaan Joop
Images du quotidien Le Quotidien